Le Twittywall est un projet expérimental qui a émergé au sein des travaux d'Identités actives.
L'idée est d'installer dans l'espace urbain un très grand écran qui diffuse en temps réel les "gazouillis de la ville" autour de lui : des micro-messages publiés par tout un chacun dans la ville, particulièrement les habitants.
Le dispositif capte et restitue en effet tous les micro-messages - inférieurs à 140 caractères - issus de services de micro-blogging (comme Twitter ou Identi.ca) et géographiquement localisés. Ce panneau d'affichage, qui s'apparenterait dans la forme aux "sucettes Decaux" d'information municipale, affiche les messages les uns à la suite des autres, ante-chronologiquement, comme dans un service classique de micro-blogging, en précisant l'avatar de chaque personne.
Le Twittywall est donc avant tout un dispositif qui propose une solution pour réintroduire de la parole dans l'espace public.
L'aspect technique du projet ne parait pas poser de problème à Charles Népote qui en est l'instigateur. Il suffit en effet d'un panneau connecté à Twitter qui afficherait le fil les messages envoyés par les utilisateurs par l'internet ou par SMS.
Les possibilités d'application sont très nombreuses.
En captant les “gazouillis d'un lieu”, le Twittywall permet de “refaire émerger de la parole là où les gens ne se parlent plus” et ainsi redonner du lieu social à des lieux comme le métro. Il serait également possible d'utiliser le Twittywall comme un livre l'or numérique dans les lieux culturels, un dispositif d'affichage des petites annonces d'un quartier ou encore un panneau d'affichage des covoiturages partant d'un lieu.

Le premier problème est la sélection des messages liés au lieu dans les centaines de messages publié sur Twitter chaque seconde. Pour résoudre ce problème trois solutions sont proposées :
• seul les message adressés à la borne sont affichés (grâce à la fonction “at” de twitter) ;
• une sélection par mot clé ;
• une sélection par géo-localisation : seul les messages envoyés dans un certain périmètre sont affichés.
Plusieurs problèmes ont été soulevés durant l'atelier, concernant notamment la possibilité d'interaction avec le Twittywall : le problème d'interprétation des messages qui, coupés du contexte de Twitter, pourraient être mal compris.
L'aspect "chronophage" du dispositif a également été pointé : le dispositif n'a de sens que si son utilisation est relativement aisée...
Il également difficile de prévoir le comportement des utilisateurs vis à vis de ce nouveau dispositif.
Il n'est pas exclu qu'il devienne victime de son succès : en effet, si trop de messages sont envoyés, ils risquent de perdre de leur visibilité, ce qui a terme découragerait les utilisateurs. Le succès de ces bornes pourrait donc pâtir d'une sorte “d'effet de soufflet”.
Enfin, la mise en œuvre du projet se heurtera fatalement aux questions de modération des contenus et par ricochet, de règlementation juridique qui accompagne la libération de la parole publique dans l'espace urbain. La sensibilisation des élus aux outils de micro-blogging et plus largement de la captation de la conversation internet est sans doute aussi une des clefs de réussite.
Le Twittywall est donc un projet qui ne manque pas de débouchés.
Mais pour l'heure, il n'aurait véritablement de sens que dans une expérimentation plutôt que dans la mise en place d'un véritable projet.
Avis aux villes candidates !!
Damien Coffin, étudiant à l'EAC (Ecole des métiers de la culture)
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